Réunion hebdomadaire  •  Le mal-logement ou la terreur d'habiter  •  Répression

mairie de paris logement social

Nous, le Gouvernement et nos logements respectifs

En 2002, les politiciens ont eu la générosité de légiférer sur la décence des logements. Ainsi, l'absence de point d'eau ou d'électricité donne la caractéristique d'indécence à un logement.
Il faut ajouter que parmi les critères qui font qu'un logement est décent, existe un impératif de surface. Nos amis politicards imaginent qu'un logement est décent à partir de 9 mètres carrés, enlevez-lui trois centimètres de superficie, il deviendra un cloaque invivable, les allocations logements ne seront plus versées, quelques soit le prix du loyer (Idiatou paie 1200 euros de loyer mensuels. Sa chambre fait 15 mètres carrés, elle y habite avec ses 3 enfants. Elle ne bénéficie pas des APL car la superficie est trop petite).
Ceci invite à la réflexion sur la superficie des logements de fonction des ministres. L'Etat s'est préoccupé de la surface de ce type de logement seulement après l'affaire Gaymard afin d'en étouffer le scandale. Depuis, un ministre n'a plus le droit qu'à une surface de 80m2 avec un supplément de 20m2 par enfant à charge. On se demande pourquoi, puisqu'il est dit qu'un logement est décent à partir de 9 m2, les ministres ont accès à de telles superficies. La décence d'un logement n'est-t-elle pas la même selon le statut social de l'occupant ? Serait-ce indécent, pour un ministre, d'habiter dans un logement prétendument décent pour un pauvre ? Et est-ce normal, également, que l'on propose gratuitement à des membres du gouvernement des logements de fonction alors que ces membres sont déjà propriétaires ou locataires d'autres logements dont la superficie l'égale voire la dépasse, membres dont le salaire est faramineux et qui bénéficient, dès lors qu'ils ont passé 15 jours au ministère, d'une retraite faramineuse ? Quels sont les motifs invoqués par l'Etat pour justifier le don de logement à des personnes privilégiées sur la question de l'habitation comme du salaire ?
Et bien, il est dit que la nécessité de se trouver proche du lieu de travail l'exige. Pour exemple, madame Christine Boutin, ministre au logement, habite à une heure et demi de son ministère. C'est ainsi qu'elle peut prétendre au logement de fonction. La distance qui la sépare de son lieux de travail doit être prise en compte par l'Etat qui se doit de l'en approcher. Ainsi, cette femme qui bénéficie également, comme chaque ministre, d'une voiture et d'un chauffeur tous frais payés par l'Etat, peut bénéficier d'un logement du ministère pour éviter d'avoir à se faire conduire depuis son domicile jusqu'au ministère dans sa voiture de luxe.
D'où la question suivante, nous autres, travailleurs, privés de voiture et de chauffeur, habitants de grande banlieue ayant pour seul moyen de transport disponible un RER puant et un métro bondé sans place assise, locataires de taudis prétendument décent parce qu'ils font 9m2 pourquoi n'avons nous pas accès à des logements de fonction ? Alors que c'est le cas de Michelle Alliot-Marie, qui habite Place Beauvau, au ministère de l'intérieur, de Xavier Darcos qui vit dans une maison située dans le jardin de l'éducation nationale, de Eric Wœrth qui loge à Bercy, au ministère de l'économie et des finances, de Brice Hortefeux qui s'est installé dans l'ancien ministère de la Cohésion sociale.
Et que dire des résidences de la Présidence de la République ? : le palais de l'Elysée, mais aussi le Château de Rambouillet avec ses 800 hectares de terrain, où deux président français organisaient de grandes chasses (Pompidou et Giscard), que dire du fort de Brégançon, dominant une charmante petite île située à Bormes-les-mimosas ? Que dire du domaine de Souzy-la-Briche dans l'Essonne, de cet autre, à Marly-le-roi, doté de 400 hectares.

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