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La Mairie de Paris et la "restructuration des foyers de travailleurs migrants"

Contrôle des pauvres et répression des sans-papiers


Pour pallier à la vétusté des 46 foyers de travailleurs migrants parisiens, la Ville de Paris propose un certain nombre d'interventions dont il est intéressant de faire le détail. Sous couvert de réhabilitation des locaux, un tri des occupants selon la régularité de leur séjour en France et une résorption des réseaux de solidarité existants en ces lieux vont être organisés par la Ville de Paris.
Cette dernière se " soucie " de la suroccupation de ces foyers. C'est ainsi qu'un vaste plan est censé en diminuer le nombre d'habitants. Un relogement est promis aux personnes pouvant justifier d'une occupation des locaux égale à trois ans. La Ville de Paris effectue au passage un petit tri : le diagnostique social effectué avant réhabilitation des locaux doit recenser les occupants en situation régulière de séjour, seuls pouvant prétendre à un relogement. C'est à dire que la réhabilitation des foyers va de paire avec la mise à la rue des sans-papiers qui constituent une partie importante de leurs habitants.
Pour que des restrictions pareilles puissent être imposées, c'est tout un appareil de surveillance et de sanction qui doit voir le jour. Appareil inconnu des foyers de travailleurs migrants où l'on peut entrer, même lorsque l'on y connaît personne, regarder des projections, y fêter la nouvelle année, ou y distribuer des tracts… Ces foyers transformés ressembleront aux structures d'hébergement classiques que sont les hôtels sociaux.
Un poste de surveillance à l'entrée filtre le passage, questionnant chaque visiteur sur le motif de la visite " qui allez-vous rencontrer ? ", etc. A l'hôtel Richemont, 28, rue Fontaine, 9ème, un membre du collectif ne peut habiter avec sa petite amie, avec laquelle il a pourtant un enfant, parce qu'elle est dépourvue de titre de séjour. Quant au collectif, son intrusion dans ce type d'édifice est tout bonnement proscrite, nul moyen d'y entrer avec des tracts invitants les mal-logés à s'organiser.
La Ville, afin de justifier l'orientation qu'elle donne à la réhabilitation des foyers, prend pour prétexte la responsabilité des habitants dans la dégradation des locaux : qui y " créent un mode de vie communautaire : utilisation des cuisines collectives à un usage commercial, installation de petits commerces dans les espaces collectifs (coiffeurs, tailleurs, petite épicerie, etc.) " conclue : " ce mode d'occupation, associé à une absence de gros entretien, a fortement accéléré la dégradation du bâti et des conditions de vie au sein de ces foyers " Ainsi, gestionnaires et propriétaires ne sont pas les seuls responsables de la dégradation des bâtiments, elle doit être partagée avec les habitants du foyer. Pourtant, le gros entretien revient légalement aux gestionnaires de ces édifices. Les charges extorquées par ces derniers aux résidents sont en principe vouées au gros entretien des bâtiments.
Pourtant, la Ville prétend et entend y remédier, que les salons de coiffure et la vente de cigarettes sont impliqués dans la dégradation des locaux, que ces services entraînent également une dégradation des conditions d'existence ! La Ville de Paris peine à trouver quelque argument plausible pour justifier la suppression de ces activités que les habitants des foyers ont naturellement mis en place pour rendre la concentration de misère en foyer un peu plus vivable. A vrai dire, elle n'exclue pas que ce type d'activité puisse exister mais entend en prendre le contrôle. La Ville de Paris, prenant prétendument (enfin) acte de la nécessité de restaurants sociaux au sein de ces foyers d'exploités demande qu'une structure transparente et adaptée en assure la gestion. En mettant en avant la transparence, la Ville démarche de telle sorte que la solidarité entre résidents mute en humanitaire, générateur de profit, dont elle aura évidemment le contrôle. La Mairie de Paris, afin de faire passer ses projets de répression des sans-papiers orchestrée par ses homologues de l'UMP fait croire à de bonnes intentions. Sous couvert de réhabilitation, de social, elle ne fait en réalité qu'ajouter au désastre politico-économique un peu plus de discrimination, un peu plus de racisme, un peu plus d'injustice… Ce qui invite évidemment tout mal-logé en lutte à s'attaquer aux mairies PS scandaleusement proches, idéologiquement de l'UMP.

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