3 membres du collectif interpellés et gardés à vue du 3 au 4 juin au commissariat de la place d'Italie, 13ème arrondissement.
Mercredi 3 juin, le Collectif des Mal-logés en Lutte manifestait pour la seconde fois au siège de la Société Nationale Immobilière, 102, avenue de France, 13ème arrondissement.
Au terme de la manifestation, trois personnes furent interpellées par les gendarmes, et séquestrées durant 24H00 dans les locaux de la police du 13ème arrondissement, place d'Italie sur la demande du Procureur de la République.
Si la législation française ne comporte aucun texte de criminalisation politique, les Procureurs placent régulièrement en garde à vue les militants dont les opinions ne coïncident pas avec l'idéologie dominante. Dans la mesure où l'opinion politique n'est pas en elle-même un délit, les Procureurs donnent du crédit aux fausses déclarations des institutions attaquées sur le plan politique.
Ainsi, la Société Nationale Immobilière, sachant qu'aucune suite ne peut être donnée à une plainte pour délit d'opinion a fait de fausses déclarations au commissariat du 13ème arrondissement. 3 membres du collectif ont ainsi été placés en garde à vue, accusés de " violence en réunion ", alors qu'aucun certificat n'a pu démonter que des violences ont réellement été commises à l'encontre du personnel de la SNI durant la manifestation.
Le grotesque des accusations, le manque de crédibilité de ces déclarations a fait que les 3 personnes ont été relâchées après 24H00. Mais la SNI ne s'en tient pas là. Selon l'Officier de la Police Judiciaire chargée de relever la déposition d'un des interpellés, la SNI a envoyé deux de ses travailleurs déposer plainte pour " dégradations " après que les 3 interpellés aient été relâchés.
La SNI, comprenant qu'aucune poursuite ne pourrait avoir lieu pour des violences indémontrables, a inventé de nouveaux forfaits. Rien ne nous permet de nous assurer qu'aucune suite ne soit donnée à cette nouvelle plainte dont le fondement et excessivement douteux. Les accointances entre les grands propriétaires et la justice ne sont plus à démontrer. La justice se place clairement du côté des possédants, contre les pauvres et les exploités, comme en témoigne le placement systématique de militants en garde à vue pendant les activités politiques de ces derniers nécessaire au changement de leur condition.
Cette répression féroce ne suffira évidemment pas à nous faire taire. Toutefois, une réponse conséquente à ce harcèlement politique doit être donnée. La régularité des interpellations, la violence politique que subissent systématiquement les groupements auto-organisés doivent nous contraindre à penser différemment notre activité, à trouver la parade utile à son maintien en vue du bouleversement économique et social qui seul pourra résoudre la série d'injustice que nous subissons constamment.