Djamila est mariée. Elle vit en couple avec ses deux enfants dans un 30m2 rue Deauville, dans le 18ème. Chez elle, il n'y a pas de chauffage, pas de prise de terre, pas de toilettes, deux carreaux sont cassés sans que le propriétaire n'effectue la moindre remise en état. Pire, ce dernier a même tenté une expulsion dans l'illégalité la plus complète, ce dont la mairie est tout à fait au courant. Les murs sont infectés par le plomb. Ses deux enfants ont le saturnisme.
L'humidité de l'immeuble est telle que si des travaux ont déjà été effectués en vue de protéger du plomb son appartement (après sollicitation d'associations mandatées par la préfecture), la toxicité des murs réapparaît très rapidement.
A l'occasion des travaux d'assainissement, la famille doit se déplacer vers un logement temporaire dont la salubrité est plus que douteuse : pas d'eau chaude, literie malpropre, etc. et ce toujours au su des services sociaux qui placent eux-même et souvent des familles dans ce type de logements d'urgence tout à fait inadaptés.
Le retour systématique du plomb après travaux fait douter notre famille du bien fondé des manœuvres d'assainissement. Le passage en logement d'urgence fut tellement traumatisant (Djamila connut une forte dépression à la suite du premier placement) qu'elle se refuse à de nouveaux travaux (dont l'utilité serait fortement suspecte).
A cela, les associations, mandatées par la préfecture, répondent par la menace : un membre de l'association PACTE de Paris déclara, confronté au refus de la famille à rejoindre l'immeuble insalubre le temps des travaux, que la suite des événements se jouera devant le tribunal et qu'aussi, son appartement est crasseux et qu'elle devrait apprendre à y faire le ménage. La même femme lui dit de s'estimer heureuse qu'ont veuille bien investir autant d'argent pour elle dans les travaux d'assainissement.
Du côté de la propriété, nous connaissons la mauvaise volonté, notamment par l'absence d'entretien de l'appartement. A cela, il faut ajouter que le propriétaire a un goût fort prononcé pour les lettres d'insultes avec accusé de réception. Le propriétaire déclarait, par exemple, dans sa dernière missive que Djamila grattait les murs afin d'en prélever du plomb pour faire de petits plats cuisinés à ses enfants en vue de les rendre malade.
Elle a formulé sa première demande de HLM il y a 9 ans. Cela fait donc près d'une décennie qu'elle attend un relogement.
Habiba habite Rue Poulet, dans le 18ème. Elle est RMIste, cette allocation et L'APL doivent lui faire honorer son contrat de location à 610 euros par mois. Une fois son loyer payé, il ne lui reste que 70 euros pour ses charges en eau, électricité et gaz ajoutons à cela qu'Habiba doit se nourrir et que cette somme reste très inférieure à ce qui est nécessaire pour se maintenir en vie.
De ce fait, elle a deux mois d'impayés de loyer à son actif. C'est là qu'intervient le propriétaire : celui-ci, et sur l'ensemble de l'immeuble, a la fâcheuse habitude de bloquer les portes des mauvais-payeur, il ne se fatigue pas avec la justice, sûrement trop légère et permissive à son goût et préfère régler radicalement ses problèmes en scellant les portes. Une locataire de l'immeuble fut enfermée suite à un retard de paiement de loyer. Les impayés de loyer effraient tant Habiba qu'elle ne dort plus chez elle le temps de régler sa dette. Habiba a fait une demande de relogement en HLM il y a 2 ans. Elle attend toujours.
Ilham habite les beaux quartiers. Elle loge dans un immeuble du 16ème arrondissement, rue Raymond Poincaré dans une chambre de 7 m2. Dans cette maigre superficie doivent s'épanouir ses 4 enfants : Walid, Selma, Ibtissam et Abdou. Elle loue sans quittance sa chambre de bonne. Le loyer était jusqu'ici de 230 euros. Le propriétaire souhaite l'en déloger. Quoi de plus simple puisqu'il ne lui a jamais fourni de quittance de loyer ?
C'est ainsi qu'elle passe très bientôt au tribunal pour occupation illégale de locaux pour lesquels elle paie pourtant chaque mois depuis son installation. Depuis qu'il a engagé contre elle une procédure en février, il lui a coupé l'eau. Elle est inscrite sur la liste des demandeurs de HLM depuis 8 ans et sa situation ne semble toujours pas préoccuper les bailleurs sociaux.
André et madeleine habitent avec leur enfant un studio rue Chappe dans le 18ème. La superficie du logement est de 12 m². André a deux enfants qui passent en droit de visite ponctuellement. Ce qui équivaut à 5 personnes dans le foyer aux " jours de pointe " Le minuscule réduit que constitue leur appartement leur extorque chaque mois 510 euros. Ils sont inscrits sur la liste de demandeurs de HLM depuis 4 ans.
Brahim paie 250 euros chaque mois pour un réduit de 10 m² dans le 17ème. Il n'a pas de douche et ne peut accéder à un robinet qu'en allant sur le palier. Il travaille en intérim dans la construction. Il ne peut guère trouver de logement dans le privé du fait de son statut d'intérimaire. Il ne peut pas davantage trouver de logement social. Il attend sur les listes de demandeurs de HLM depuis 1 an.
Djamel habite avec son épouse Nadia et ses deux enfants de 8 et 14 ans rue Caplat dans le 18ème dans une chambre de 16 m². L'hôtel lui extorque 540 euros par mois alors qu'il ne dispose ni d'une douche, ni d'un robinet.
M. et Mme Cisse avec leurs trois enfants habitent un hôtel boulevard des Batignolles dans le 17ème. Le très petit 2 pièces qu'ils louent leur coûte tous les mois la jolie somme de 2480 euros. Les services sociaux n'ont pas cru bon de les faire intégrer ne serait-ce que le plus minable des hôtels sociaux qui réduirait leur coût d'habitation à moins du tiers du prix actuel pour la même superficie.
La difficulté qu'éprouve le couple à payer ce loyer faramineux tout en subvenant aux besoins alimentaires de la famille a poussé dernièrement la mère à travailler contre un salaire dérisoire : elle est payé environ 600 euros par mois. Les allocations d'aide pour le logement s'en sont trouvées réduites. De 1100 euros d'aide, le couple ne perçoit plus que 480. Bien loin de faire souffler la famille, les revenus de la mère conduisent la famille vers un gouffre insurmontable. La quasi-intégralité de ces nouveaux revenus passent dans les poches de l'hôtel. De même pour les revenus de l'époux qui avoisinent les 1200 euros. Avec cette baisse notable des allocations, le couple paie pour les deux minuscules chambres la somme exacte de 2000 euros ! Alors qu'un certain directeur de cabinet d'une certaine ministre au logement paie une somme inférieure pour un 190 mètres carrés dans les beaux quartiers… en HLM, notre couple attend depuis une année un relogement en HLM.
L'hébergement provisoire constitue une aide destinée à des personnes en difficulté de logement pour une période limitée à peu de temps. C'est du moins ce que prétendent les services sociaux qui y placent des célibataires comme des familles. Les chambres y font 16 m² quelque soit le nombre d'habitants. C'est le cas en tout cas de l'hôtel social de la rue Fontaine, dans le 9ème ou plusieurs personnes du collectif résident. Aissa attend depuis 6 ans qu'elle habite rue Fontaine un logement en HLM. Luc, ses deux enfants et sa petite amie enceinte, depuis 4 ans. Dgenebou qui est rue Fontaine depuis seulement 1 semaine doute que ce nouveau placement soit plus court que ses précédents : 7 ans d'habitation dans différents hôtels s'accumulent derrière elle. Elle attend aussi un logement en HLM.
Pour ne pas trop alourdir le présent document avec la description de situations analogues nous n'avons pas parlé de tous les mal-logés du collectif. Ainsi, vous ne connaîtrez pas l'histoire de Ludivine et de ses 6 enfants, ni celle de Salim, ni celle de Alpha, ni celle de Assa et ses deux enfants, ni celle de Kidia et ses trois enfants, ni celle de Myriam, ni celle de Samir, ni celle de Awa, ni celle de Flore et de ses deux enfants, ni celle de Sadika et sa fille, ni celle de Diumba, ni cella de Claudette, ni celle de Bijou, de sa petite sœur et de sa mère malade, ni celle de Marie-Emma, ni celle du couple Meekahapola, ni celle de Mme Mir, de Soumah, de Abdallâh, de Ayet, de Aïcha, de Sébastien, de Assan, de Alice, de Fatima, de Fatoumata, de Ivanilda, de Guttaf, de Floriane, de Jalil, de Rosita, ETC.